Jamais la relation contractuelle n'a été autant encadrée par le droit qu'après l'entrée en vigueur de la réforme du droit des contrats, des obligations et de la preuve.

Si la liberté, contractuelle, est demeurée la règle, elle est quand même devenue terriblement surveillée.

Le contrat est un mode de relation humaine source de tant d'enjeux sociaux et économiques que le pouvoir politique a vu dans la réforme du droit qui s'y applique une façon de corriger certains dysfonctionnements de notre société, après de nombreuses lois précédentes ayant initié cette démarche.

Jamais les parties n'auront disposé d'autant de moyens de remettre en cause le contrat ou certaines de ses clauses, de l'adapter à leur relation, ou de faire respecter son exécution. 

Chacune est érigée comme un acteur protégé, responsable et puissant.

Jamais le contrat n'aura enfin été plus sujet à contrôle et intervention du juge.

Un contrôle non seulement de la validité ou de l'exécution mais désormais aussi, de façon généralisée, de l'équilibre et de la justice contractuelle.

Le juriste, qu’il soit juriste d’entreprise, avocat, contract-manager, notaire ... par rapport à tout ça ?

Plus que jamais son rôle est essentiel. 

Pour faire comprendre à ceux qui sont en charge de la négociation ou de l'exécution le cadre dans lequel ils doivent désormais évoluer et quels sont les multiples paramètres à prendre en considération. 

Pour sécuriser la négociation et la formalisation du contrat.

Pour opérer les bons choix rédactionnels à tous les stades de la vie du contrat. 

En faisant preuve de la prudence que requiert un nouvel environnement juridique dont il n’est pas aisé de savoir comment il va évoluer dans nombreuses de ses branches nécessairement impactées par la remise à plat de leur socle et l’interaction entre chaque discipline.

En essayant d’anticiper de nouvelles interprétations des règles ou solutions jurisprudentielles, les risques et les opportunités associés.

En intégrant en permanence de nouvelles pratiques ou de nouveaux comportements des autres acteurs.

En imaginant de nouveaux outils au service des intervenants dans la contractualisation ou usagers du contrat, tels notamment ceux nécessaires à la conservation du déroulement de la négociation et à la preuve du respect des nombreuses obligations afférentes à cette phase, ou ceux nécessaires pour une mise en œuvre des sanctions laissées à l’initiative des parties. 

A l’heure où les legaletechs, l’automatisation de la production ou de la gestion de la matière juridique, les logiciels prédictifs et les robots sont tant mis en avant dans le droit et, nous sont promis comme un avenir assez proche, le juriste humain n’a t’il pas malgré tout plus que jamais un rôle essentiel ?